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Aspect spirituel du Magal de Touba

En premier lieu, le Magal de Touba consiste à commémorer le départ en exil de notre vénéré Cheikh, Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul.

Ce n’est point, le retour d’exil de Serigne Touba Khadimou Rassoul qui est célébré, à l’occasion du Grand Magal de Touba. Les Aspects Spirituels du Magal permettent d’expliquer ce fait. Donc nous y reviendrons.

En second lieu c’est lui même qui l’avait recommandé en guise de remerciement envers son Seigneur qui lui a accordé des bienfaits incommensurables.

Le Magal de Touba est donc une recommandation de Serigne Touba khadimou Rassoul envers tous les mourides et tous les musulmans. C’est un second point que les aspects spirituels du Magal permettront de saisir la profondeur et la grandeur.

En effet, Serigne Touba disait ceci : « Quant aux bienfaits incommensurables, que Dieu m'a accordés, ma seule et souveraine gratitude ne me suffit pas de les couvrir, Je demande à toute personne que mon bonheur réjouirait de s’unir à moi dans la reconnaissance à Dieu, chaque fois que l’anniversaire de ce jour le trouve sur terre ».

Ainsi le Magal de Touba consiste alors à rendre Grâce au Seigneur.

Le concept de Grâce dans l'islam est extrêmement important, car il permet d’accroitre notre piété et notre conscience de Dieu.

D’après le Coran il fait partie des obligations d’un musulman d’être reconnaissant envers Dieu et de Le remercier à tout moment pour tous les bienfaits reçus.

Dans le Coran Dieu dit :« Souvenez-vous de Moi donc, Je Me souviendrais de vous. Remerciez-Moi et ne soyez pas ingrats envers Moi ! »La vache V 152.

Il a dit aussi :« Si vous êtes reconnaissants, très certainement J’augmenterai [Mes bienfaits] pour vous. Mais si vous êtes ingrats, Mon châtiment sera terrible ». Ibrahim V 7. 

La parfaite reconnaissance envers Dieu est d’attester que tous les biens viennent de Lui. Comme l’a dit Cheikh Ahmadou Bamba dans les Itinéraires du Paradis (1363).

 Mais après avoir attesté cela on doit utiliser tous ces bienfaits, en parole et en action dans ce qui nous permet d’avoir l’agrément divin. 

Donc le Magal Touba est un événement religieux très important dans le calendrier Mouride, il puise ses sources dans le Coran et dans la sounna. Dieu dit : « À chaque communauté, nous avons donné une occasion de fêter pour témoigner leur gratitude, afin qu’ils prononcent le nom de Dieu sur la bête de cheptel qu’il leur a attribué. Votre dieu est certes un Dieu unique. Soumettez-vous donc à lui. Et fait bonne annonce à ceux qui s’humilient. »Al-Hadj V 34.

Comme notre propos d’aujourd’hui est axé sur les aspects spirituels du Grand Magal de Touba, alors permettez  nous de s’arrêter un court instant sur le concept de spiritualité en Islam.

  La spiritualité dans l’islam peut se définir comme le lien qui existe entre l’être humain et un être supérieur, c’est-à-dire Dieu et le salut de l’âme.

La profondeur de cette relation se manifeste principalement dans le soufisme qui est le cœur de l’islam. Étant son aspect ésotérique le soufisme a pour but de conduire le croyant au degré de l’excellence de la foi et du comportement (Al-isāne) qui, par la purification du cœur, conduirait à la sincérité spirituelle (Al-iḫlā). Par laquelle ‘on connaît’, par laquelle ‘on voit’  celui qui parvient à ce but accède au degré recherché c’est-à-dire la connaissance de Dieu et tous ses actes deviennent une adoration.

Dieu dit dans un adī divin «Mon Serviteur qui ne cesse de s’approcher de Moi par les œuvres surérogatoires jusqu’à ce que Je l’aime Et lorsque Je l'aime, Je suis l'ouïe par laquelle il entend, la vue par laquelle il voit, la main par laquelle il saisit… » (adī qudsī «adīṯ dans lequel dieu s’adresse au prophète » rapporté par Al-Boukharî) 

Et Serigne Touba était absolument à ce stade de la spiritualité comme Il l’a si bien dit : « Je ne doute guère de ma qualité de voisin intime du Créateur de l’univers, quel magnifique état ! »

La connaissance spirituelle existe, la qualité spirituelle aussi existe, cependant elle est cachée. L’œil nu n’arrive pas à la voir, la raison uniquement ne peut l’appréhender non plus, seule la Foi y parvient.

Pour mieux aborder le sujet « L’aspect spirituel du Magal de Touba » et le comprendre parfaitement, il faut revenir sur les fondements mêmes de cette journée de grâce.


En premier lieu: Le pacte de Darou Khoudoss.

Ce qui s’appelle communément le Pacte de Darou Khoudoss, nous le tenons et le rapportons du vénéré Cheikh Abdoul Ahad MBACKE lors de son allocution à l’occasion du Magal de 1979.

Serigne Touba après avoir fondée la ville de Touba, il n’a eu l’occasion d’y résider que durant sept ans. C’est à la septième année correspondant à l’an 1313.H/1895, au cours du mois sacré de Ramadan, lorsqu’il procéda à sa retraite spirituelle dans l’actuelle mosquée de Darou Khoudoss, que le Prophète  Muhamed (PSL), lui apparut en compagnie de la Légion de ses vertueux partisans, qui constituent sa sainte garde avec laquelle il est à jamais inséparable.

À peine les a t –ils vu, Cheikh Ahmadou Bamba n’eut d’autres désirs que de s’aligner au rang de ces illustres compagnons du Prophète (PSL). Ce désir qui lui tenait à cœur ; il en fit part au Prophète (PSL) qui lui signifia,  ceci :

« Cela est une chose très difficile, dans la mesure où ces gens-là que tu vois en ma compagnie, c’est leur sang qu’ils avaient alors versé ; or, l’ultime sacrifice du sang versé est une prescription abrogée ; dès lors que l’effusion du sang ne s’ordonne plus, le gage qui pourrait permettre de réaliser ce vœu sera une épreuve des plus pénibles, absolument mise à la charge du requérant qui l’assumera pleinement tout seul, sans recourir à personne, il sera tenu de l’assumer dignement jusqu’au bout pour pouvoir l’impétrer… Par conséquent, comme il ne te reste que trois mois pour atteindre la station de Pôle de l’Époque (c’est à dire celui qui est au sommet de la hiérarchie mystique des hommes de Dieu).

Mais personne n’en est jamais investi sans atteindre l’âge de quarante ans, or tu es à trois mois d’intervalle de tes quarante ans, je peux donc te faire anticiper ces trois mois aujourd’hui même et t’élever au rang de Pôle de l’Époque.

Serigne Touba comme il a une ambition très élevée lui dit ceci : « Certes cette proposition est sublime, elle est intéressante aussi, mais ma vision la transcende. À présent, ma seule ambition est de faire partie de cette légion qui vous accompagne, et d’en être membre »

Le Prophète (PSL) lui fit comprendre ceci : « Ce qui te fera compter parmi eux est une somme d’épreuves trop lourdes, car c’est à plusieurs reprises qu’une personne est arrivée là où tu es actuellement et à qui je suis apparu exactement comme je le fais avec toi, et qui n’eut d’autre ambition que d’en faire partie, mais l’épreuve qui est le gage de son admission, une fois mise à sa charge, il finit par être secouru sinon il serait tombé dans la disgrâce ; mais un seul sujet mis sous le poids de l’épreuve l’ayant porté jusqu’à être promu à leur rang n’a pas encore existé. Donc si cela était de mon gré, tu ne t’y engagerais pas ; car tu es épris d’un attachement envers moi qui n’est d’ailleurs pas une affection déguisée ; alors que jamais je ne pourrais te venir en aide dans l’épreuve, parce qu’en te favorisant de la sorte, on me ferait le reproche et je n’accepterais pas le blâme à cause de mon attitude en faveur de quelqu’un."

Le Cheikh lui répondit : « Quant à moi, j’ai une totale ignorance de la nature de l’épreuve qui m’attend, je ne peux savoir aussi ce que mon âme peut supporter ; cependant, je peux certifier par serment quel que soit le poids de la souffrance que je recevrai, si mon âme y résiste, dans tous les cas mon courage, ma loyauté ma force morale  l’encaisseront ».

Vu sa détermination et son courage, le Prophète (PSL) l’a rassuré en lui disant ce qui suit : « J’accepte ton vœu. Par conséquent, il ne te reste plus que de quitter cette Ville (Touba) sans délai, car tu es mis en confrontation avec tes ennemis contemporains, et parallèlement, cette Ville a été mise pour toi sous une protection absolue, de sorte qu’un malheur ne s’y abattra jamais sur toi jusqu’à la fin du monde ; donc, retire-toi de cette Ville ».

À partir de là, le Cheikh a compris que le pacte qu’il vient de sceller avec le Prophète (PSL) devrait se traduire par une somme d'épreuves, de souffrances et de peines à endurer. La contrepartie consiste à avoir la satisfaction de toutes ses ambitions en grades spirituelles auprès du Seigneur.

Mais comme les épreuves ne sauraient l’atteindre tant qu’il resterait à Touba comme l’avait dit le Prophète (PSL), Cheikh Ahmadou Bamba a dû quitter cette ville pour aller s’installer au village de Mbacké Bâri où il resta près de cinq mois.

C’est au 18ème jour de ce cinquième mois qui correspondait au deuxième mois du calendrier musulman, c’est à dire au mois lunaire de Safar que  les épreuves ont commencé.

Il se fait exiler au Gabon durant sept ans, puis déporté en Mauritanie pendant cinq ans. Avant d’être mis en résidence surveillée à Djolof puis à Diourbel jusqu’à 1927.

Mais comme l’a raconté l’illustre, le vénéré Serigne Falilou dans l’une des ses allocutions:

«  Le jour où Serigne Touba quittait Mbacké Bâri, alors qu’il avait déjà prié pour lui et Serigne Mouhamadou Moustapha, il les rappela juste après et leurs tenu ces propos: 

Serigne Touba s’adressa à Serigne Mouhamadou Moustapha et à Serigne Falilou en ces termes:

 « Mon Seigneur vient de me demander ce à quoi j’aspirais ?

J’ai répondu, Tout.

Il m’a dit prend Tout. Je t’ai Tout donné, Je te donne Tout.

Par conséquent, je vous demande de vous associer à moi pour rendre grâce à Dieu chaque fois que ce jour vous revient. »

Cela démontre qu’avant de quitter Mbacké Bâri Serigne Touba avait déjà obtenu tout ce qu’il voulait.

Ce qui fait qu’il hâtait de se rendre à Saint-Louis, car ces épreuves préfiguraient à ses yeux des succès et des avantages inestimables que le Tout Puissant dissimulait dans ce service qu’il compte effectuer pour le Prophète (PSL).

 La preuve lorsqu’il est arrivé au niveau des collines de Diéwol, là où il a rencontré le groupe de gendarmes qui devait l’arrêter,  Dieu lui a accrédité sur le champ l’armée céleste des cavaliers de Badr avec lesquels il ne s’est jamais séparé. Alors que son objectif fondamental était de compter parmi eux, ce qui fût une chose faite dés le départ.

À son arrivée à Saint-Louis ses ennemis ont décidé de l’exiler loin du Sénégal.

Durant toutes les années d’exil, de privation et de résidence surveillée, quand revenait le jour anniversaire de son départ, c’est à dire le jour où le pacte de Darou Khoudoss avait été scellé, Serigne Touba endurait des épreuves de plus en plus dures qui lui faisaient même oublier celles du passé.

C'est un jour lors de son séjour de Diourbel, alors qu'il attendait les mêmes épreuves et les mêmes souffrances avec la ferme intention de les endurer, que le Seigneur lui fit savoir que les épreuves sont désormais terminées. En lui disant ceci :

« La peine est levée, toute la Mission, qui t'a été assignée, a été remplie. Il ne reste que la rétribution et l'action de grâce ».

Il lui fit savoir aussi: «qu’à chaque fois, que ce jour reviendra il doublera, Il multipliera tous les bienfaits qu’Il lui a déjà prodigués, et cela jusqu’à la fin des temps.» C’est pour cela Cheikh Ahmadou Bamba disait « Dieu m’a accordé des dons prodigieux qu’Il n’a jamais accordés et qu’Il n’accordera jamais à une autre personne »

En obtenant ce que ses prédécesseurs ont tant convoité, Serigne Touba s’est vu accorder une Récompense infinie auprès de son Seigneur.  

C’est pour rendre grâce au Seigneur de ces bienfaits incommensurables que Serigne Touba a demandé à tous ceux qui partagent avec lui son bonheur de prendre part à cette Action de grâce.

Cela nous amène à nous poser cette question :

Comment on célèbre le Magal conformément à la volonté de Cheikh Ahmadou Bamba ?

Pour nous montrer la considération qu’il voulait qu’on accorde au Magal Serigne Touba disait ceci à propos du Magal : « Accordez-lui la considération que vous avez pour la fête du sacrifice,  Je ne dis point qu’il a plus de bénédiction que la fête du sacrifice, mais pour vous, il vous apporte plus de profil que celle-ci»

Le Magal est un ndigel (une recommandation) de Serigne Touba.

Après cette recommandation certains disciples mourides commencèrent à l’appeler ‘ la deuxième fête du sacrifice’, ce que Serigne Touba a très vite interdit. Il leur dit ceci :

« La fête du sacrifice est une  tradition prophétique, le fait de l’appeler comme ça ressemblerait donc à une innovation blâmable ».

Il leur a recommandé de l’appeler Magal. Ce terme signifie en Wolof célébrer avec grandeur.   

Il a recommandé à tous ceux qui participent à cette Action de grâce de le faire conformément à la sunna du Prophète Muhamed (PSL).

En commençant par la lecture du Saint Coran, accueillir les hôtes qui viennent d’ailleurs et les combler d’honneurs qu’ils n’oublieront à jamais c’est à dire « le bérndé ».

Chacun le fait dans la mesure de ses possibilités sans restriction.

En ce qui concerne le sacrifice des espèces animales aussi, chacun le fait selon ses moyens allant de la poule au chameau pour témoigner qu’il s’unit à Lui pour rendre grâce à Dieu des bienfaits qu’Il lui a prodigués.

Pour nous inciter à ne pas manquer cette occasion Serigne Touba nous dit les bienfaits de ce jour :

« Étant donné deux personnes, si l’une prend en haute considération ce jour et que l’autre le néglige, celui qui lui donne de la considération ne cessera jamais de voir les titres de prééminence qu’il a sur l’autre » 

Il dit aussi que :

« Celui qui donne une haute considération à ce jour le Seigneur lui pardonnera tous ses péchés le jour du jugement dernier »

Cela est dû à l’immense générosité de Dieu qui a donné aux musulmans des jours qui leurs permettent d’avoir des gains de toute une vie.

 

 

Donc c’est pour préparer ce grand jour qui symbolise le mouridisme que nous sommes réunis ici.

Nous prions le Tout Puissant qui nous a permis pour la première fois de démarrer les activités de préparation ici à Paris de nous accorder un rayonnement tout particulier à cet évènement. Nous lui implorons aussi pour qu’il garde parmi nous pendant longtemps notre cher Khalife Cheikh Sidy Al Moukhtar MBACKE et toute la famille de Khadimou Rassoul.

Par Serigne Idrissa Mbacké Ibn Serigne Mourtada Mbacké. 

Informations

 

Chers frères et sœurs musulmans, 

Chers Mbokkous Talibés,


 

Centre culturel khadimou Rassoul de Touba Canada abritera les locaux suivants  :

 

  • Une salle de prière pour hommes
  • Une salle de prière pour femmes
  • Des lieux d’ablution séparés pour hommes et femmes
  • Une salle de conférence
  • Une bibliothèque
  • Des salles de classe
  • Des appartements pour les hôtes.

 


Serigne Cheikh Sidy Makhtar Yalna fi yagg te weer!

Activités de la Dahira

  • Kurel Khassaide

    Chaque samedi de 17H à 20H les kurels khassaides 1 et 2 font leurs prestations.

  • Dahira Mame Diarra 

    Tous les deuxièmes samedis de chaque mois, un thème sur l'oeuvre et la vie de Sokhna Mame Diarra est dédié aux femmes de la Dahira Mame Diarra de Nounou Darayni.

     

  • Zikroullah 

    Tous les  samedis de 20H à 20H45, les Bayes Fall font le Zikroullah.

  • Lecture du Saint Coran et Drouss

    Tous les  samedis de 17H à 20H, il y aura une séance de lecture du Saint Coran.

  • Journée Cheikh Ahmadou Bamba

    Chaque année une marche pour la paix en islam est organisée dans les rues de Montréal. Cet évènement est connu sous le nom de la journée Cheikh Ahmadou. Et il sera présidé par  Serigne Mame Mor Mbacké Ibn Serigne Mourtada Mbacké. Cette journée se déroulera pendant le mois de Juillet.

  • Conférence

    Tous les samedis de 21H à 22H un thème sur l'islam est exposé par les conférenciers. Ces exposés seront accompagnés par des questions et réponses. 

  • Xam Sa Diné

    Tous les samedis de 15H à 17H des séances d'enseignement religieux sont offertes à tous les musulmans.

  • Berndel

    Tous les samedis de 22H15 à la fin....